Vider ses placards pour se vider la tête: le nettoyage par le vide

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Pour faire place à une nouvelle année, il est temps de procéder à un nettoyage par le vide…

Comme chaque fois en décembre, je commence à réfléchir à ma bonne résolution de 2017.

J’ai pour l’instant réussi à en tenir plusieurs (notamment manger mes 5 fruits et légumes par jour et marcher au moins 30 minutes par jour) et je vous écrirai un billet à ce sujet tout bientôt !

Une de résolutions les plus pratiques de ma courte vie fut d’apprendre l’art du nettoyage par le vide. Depuis, je fais le tri dans mes affaires plusieurs fois par an. Ma maîtrise est encore loin d’être parfaite, mais ma méthode s’améliore d’année en année.

Tout a commencé quand nous avons déménagé dans une maison plus petite quand j’avais 17 ans. Nous avions jusque là toujours eu de la place (a fortiori parce que nous ne vivions qu’à deux, ma mère et moi) et avions donc adopté le mode de vie d’un écureuil prévoyant. Notre devise était «on ne sait jamais !» Au fil des ans, nous avons donc accumulé un tas de bric-à-brac indéfinissable.

Une fois la décision prise de déménager, il a bien fallu regarder la réalité en face. Jamais nous ne trouverions dans notre nouveau logis (deux fois plus petit) suffisamment de place pour tous ces cartons de livres, de vieux vêtements, de vaisselle démodée. J’éprouve presque des remords au sujet de cette vaisselle, car j’aurais un vrai service « vintage » aujourd’hui, mais je pense que je m’en remettrai.

Il nous a fallu des semaines pour trier, donner, vendre, jeter tout ça. C’est là que je me suis dit « plus jamais ! » et que j’ai cherché à limiter les dégâts à l’avenir.

Les bienfaits du nettoyage par le vide

Une chose que l’on ne vous dit pas assez quand on parle du rangement et surtout du nettoyage par le vide, c’est à quel point on se sent plus léger quand c’est fait !

Et ce n’est pas une illusion : une étude de l’Université de Californie a démontré que le taux de cortisol (une des hormones du stress) était plus élevé chez les femmes vivant dans un environnement désordonné. Les hommes s’y montrent moins sensibles.

Si, chaque matin en ouvrant votre penderie, vous vous dites « oh la la, il faut vraiment que je range ça ! Je manque totalement d’organisation », ça ne vous donne pas exactement le courage d’entamer ce jour nouveau. Par contre, une fois votre prouesse accomplie, ouvrir votre penderie vous rappelle que votre vie n’est pas si chaotique tout compte fait.

De plus, plus vous accumulez les objets en tout genre, plus ceux-ci accaparent votre temps. Pensez aux heures perdues à repasser ou plier vos vêtements ; à épousseter des bibelots que vous ne regardez même plus ; à déplacer des outils oubliés pour atteindre au fond du placard celui dont vous avez besoin.

Dans le même ordre d’idées, il se peut que vous accumuliez tellement de choses dans vos armoires que vous ne savez plus exactement ce que vous possédez. Vous achetez ainsi un deuxième presse-citron parce que le vôtre est enfui dans le troisième tiroir du bas de la cuisine — que vous n’ouvrez qu’une fois par an tellement son désordre vous fait peur.

Si l’on pousse plus loin encore, posséder autant d’objets vous oblige à occuper un logement qui permet de les stocker. Si vous possédiez moins de choses, vous pourriez (si vous le souhaitez), louer ou acheter un logement plus petit. Vous pourriez ainsi diminuer vos charges ou votre loyer et consacrer cette part du budget à autre chose (à un loisir, des vacances, un compte épargne pour votre enfant, etc.).

Le phénomène des Tiny Houses

Les prix vertigineux de l’immobilier ont d’ailleurs poussé des locataires ou propriétaires à se tourner vers les tiny houses, ces maisons pas plus grandes que des roulottes que l’on voit partout sur internet.

« En quelques mots, le mouvement Tiny House est un mouvement social où les individus choisissent de vivre dans un espace plus petit. […] Les tiny houses sont de formes ou de dimensions différentes, mais elles permettent toutes une mode de vie plus simple dans un espace plus restreint et efficace. […]

Les gens rejoignent ce mouvement pour tout un tas de raisons, les plus souvent invoquées étant les raisons environnementales ou financières, ainsi qu’un souhait d’avoir plus de temps et de liberté. Aux États-Unis, entre 1/3 et 1/2 des revenus est dédié à leur habitation ; ce qui représente 15 ans de travail d’une vie rien que pour la financer, et en raison des coûts des logements, 76 % des Américains vivent au jour le jour. »

What Is The Tiny House Movement?

Si le phénomène vous intéresse, je vous invite à suivre le blog « la Tiny House de Julie et Lucas ».  en français ou le site du mouvement Tiny House (en anglais) :  avec des vidéos et informations très concrètes sur ce mode de vie.

Pour ceux d’entre vous qui vivent dans un deux-pièces mansardé, vous y trouverez des astuces de rangement bien pratiques !

Et vous, par où allez-vous commencer ?

Méthode 1 : Traiter le problème à la source

La période de ma vie où j’ai le mieux géré mes achats et tentations d’accumulation fut la période où je cherchais un logement. Durant ces longs mois (je suis sûre que ces mois-là comptaient au moins 45 jours !), à chaque fois que j’étais tentée d’acheter un article, je me posais la question suivante : « ai-je vraiment envie d’ici quelques semaines d’emballer cet objet, de le mettre dans une boîte, de le transporter jusqu’à la nouvelle maison pour le déballer et le ranger à nouveau ? » Si l’objet en question ne me plaisait pas suffisamment pour répondre un oui fracassant à cette question, il restait dans le magasin.

Je ne suis pas sûre d’avoir la même volonté de fer aujourd’hui, mais je pense qu’il reste quelques traces de ce processus dans mon inconscient.

Le souhait, et bien plus encore, le besoin d’économiser, est d’une efficacité redoutable. En 2015, j’ai passé un mois à Londres. Je n’ai pensé à rien d’autre pendant des mois. Ceux qui y ont déjà séjourné devinent que j’ai dû dégager un budget conséquent pour l’occasion. Les mois précédant mon départ, quand je prenais dans les mains un article dans un magasin, je me demandais si l’argent qu’il me coûterait ne serait pas mieux dépensé une fois à Londres. Dans la plupart des cas, je reposais ledit article dans le rayon.

Méthode 2 : Imiter les rois du nettoyage par le vide

Ils s’appellent Ryan Nicodemus et Joshua Fields Millburn. Vous n’avez sans doute jamais entendu parler de ces deux Américains. Un jour de 2010, ils ont décidé de mener une expérience inspirée par le mouvement minimaliste. Ryan en serait le cobaye. La veille du début de l’expérience, ils ont ainsi empaqueté absolument tout ce que Ryan possédait (jusqu’à sa brosse à dents). Pendant les 21 jours de l’expérience, Ryan devait ressortir des caisses empilées dans son appartement un à un les objets dont il avait besoin au fur et à mesure où il en avait besoin.

D’où était née cette idée saugrenue ?

Joshua et Ryan, alors âgés de 28 ans, avait tout pour être heureux : tous deux avaient un job passionnant (mais pour lequel ils travaillaient 80 heures par semaine), une luxueuse maison, une voiture de rêve. Pourtant, ils se sentaient vides, dépressifs et ingrats.

C’est à cette période que Joshua découvrit sur internet les minimalistes. Si posséder tout ne vous rendait pas heureux, peut-être que ne rien posséder du tout serait plus efficace ?

Pour en avoir le cœur net sans prendre trop de risques, ils mirent au point l’expérience des 21 jours.

Les premiers jours, Ryan allait chercher dans les cartons une tenue pour la journée, une casserole, son téléphone. Après le 10e jour, pourtant, il n’eut plus besoin d’ouvrir la moindre caisse.

La plupart de ses possessions étaient encore sagement emballées. Totalement inutiles. À la fin de l’expérience, il les vendit en ligne et commença sa nouvelle vie.

Je trouve l’histoire de Ryan Nicodemus et Joshua Fields Millburn captivante. Elle me parle sans doute, car j’ai eu une impression similaire pendant mon séjour Erasmus (j’étais étonnée d’avoir vécu trois mois avec le contenu de trois valises) et plus récemment lors de mon séjour à Londres (j’ai vécu dans un studio de 10 mètres carrés). Je n’ai manqué de rien, je ne passais que 22 minutes par semaine à faire le ménage et la perspective de devoir porter dans ma valise tout article acheté m’a rendue plus sage. J’ai donc passé plus de temps à observer les gens à la terrasse des cafés, à parcourir la ville à pieds, à aller au cinéma ou au théâtre, plutôt que de dépenser mon budget à des vêtements ou autres objets.

Mon mode de vie au quotidien est différent, mais je pense souvent à leur expérience et à la mienne quand je suis sur le point d’acheter un vase ou un mug rigolo. Même si je dérape parfois et retombe dans mes travers, dans l’ensemble je parviens à éviter ces achats superflus.

Les livres bien sûr, quel que soit leur nombre, n’entrent pas dans cette dernière catégorie. On n’a jamais assez de livres, d’ailleurs. C’est bien connu. Et si en plus on les achète dans une librairie Oxfam, on fait une bonne action. En tout cas, c’est en ces termes que je m’arrange avec ma conscience…

Méthode 3 : Traiter le problème petit à petit

Si la cure de 21 jours de Ryan et Joshua vous semble irréalisable, vous pouvez commencer à une plus petite échelle.

Si vous avez, malgré vos meilleures intentions, accumulé plus que ce dont vous avez besoin, vous pouvez ponctuellement rectifier le tir en faisant du tri dès que l’occasion se présente. Le nettoyage de printemps peut se faire toute l’année.

Pour les vêtements, on pense évidemment au changement de saison, par exemple.

Vous pouvez aussi, si vous en avez le courage, décider que pour chaque vêtement (serviette, tasse, paire de draps) que vous achetez, un autre doit sortir.

Je ne vous dis pas que vous ne regretterez jamais de vous être défait d’un objet, ni même que vous ne perdrez pas 20 minutes à chercher en vain votre pull à col V gris souris… Avant de vous souvenir que vous l’avez donné à une association l’été dernier. Cela m’est arrivé et m’arrivera sans doute encore. Tant pis ! Ce pull sert maintenant à quelqu’un qui en a plus besoin que moi.

Méthode 4 : Créer un sentiment d’urgence

Pour notre déménagement, la pression de libérer la maison dans les temps nous a donné la motivation qui nous faisait jusqu’alors défaut.

Si vous avez besoin d’un minimum de pression, invitez des amis à dîner ou pour le week-end. Vous vous sentirez obligé (e) de mettre un peu d’ordre !

Pour terminer, voici en quelques mots ma méthode préférée.

Méthode 5 : Ma préférée

Le plus simple, pour vous donner du cœur à l’ouvrage et aller jusqu’au bout, est de vous y prendre un peu tous les jours. Procédez par étape. Comme pour lutter contre la procrastination, le système des 12 minutes fonctionne. Délimitez la zone à traiter. Par exemple, la planche du haut de votre garde-robe. Juste cette planche-là. Videz son contenu sur le lit et triez-le dans quatre piles :

  1. je garde
  2. je donne
  3. je jette/recycle
  4. je ne sais pas et suis incapable de prendre cette décision irréversible aujourd’hui (un peu long comme intitulé)

Vous savez quoi faire des trois premières piles. Pour la quatrième, mettez tout dans une boîte en carton, inscrivez la date, cachez la boîte au grenier ou dans un fond de placard. Si, au bout de quelques semaines, vous n’êtes pas allé la rechercher, donnez-la !

Le tri est cela dit un processus continu. Plusieurs fois par an, je fais le tour de la maison armée d’un carton à destination de la Croix-Rouge (ou Oxfam) et d’un autre pour la déchetterie à la recherche d’objets dont je n’ai plus l’utilité.

N’allez pas croire que mes armoires sont impeccablement rangées et privées de tout objet en double ou inutile. Je considère ça plutôt comme un phénomène chronique…

C’est un vrai soulagement pour mon esprit encombré. Et après avoir rangé le troisième tiroir du bas de la cuisine hier soir, j’ai presque l’impression d’être une adulte responsable. Presque.

 

4 thoughts on “Vider ses placards pour se vider la tête: le nettoyage par le vide

  • J’ai besoin d’un intérieur rangé et « maîtrisé » (savoir ce que je possède, être à jour dans mes lessives et par extension prévoir le menu de la semaine etc). Je sais que cela influence mon moral. Justement en parlant de lui, un jour de grande mélancolie je décide d’aller me balader et de m’offrir un livre, n’importe lequel tant que cette activité me garde en dehors de mes murs. C’est alors (je suis convaincue que les hasards n’existent pas) que j’ai fait l’acquisition du livre de Marie Kondo au sujet de sa méthode de rangement KonMari. Dans le genre rangement par le vide…elle y va la petite japonaise. Bref ce bouquin m’a vraiment aidée. À découvrir si tu souhaites approfondir le sujet 😘

    • J’ai déjà entendu parlé de Marie Kondo, mais je n’ai pas encore lu ses livres. J’ajoute donc son nom à ma liste! Merci!

      Je ne crois pas être à la pointe de l’organisation, mais j’ai moi aussi mon « seuil de tolérance ». Hier encore, j’ai fait le tri dans mes livres (et oui, même eux sont triés – faire du bénévolat dans une librairie Oxfam aide à prendre du recul) et irai en déposer six au magasin de la Croix-Rouge près de chez moi. (Six, ce n’est pas énorme, mais c’est un début)

      • Si tu lis Marie Kondo tu devras te montrer forte lors du passage sur le rangement des livres 😆 Six? Oui c’est plutôt pas mal, bravo!

        • Suis pas sûre d’être prête pour ce passage-là! Éventuellement, une idée de bonne résolution pour 2018 (ou 2048!)… A vrai dire, j’en suis encore au stade où je ne reconnais même pas que j’ai un problème… Le chemin sera long!

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