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L’art de parler en public – d’après les meilleurs orateurs de TED

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Les jours où je n’ai pas envie de mettre le nez dehors à midi tout en ayant besoin de me changer les idées, je fonce surhttp://www.ted.com www.ted.com pour regarder une de leurs conférences. TED est l’antidote à l’ennui. TED est la noosphère par excellence. On choisit une conférence presque au hasard et on sait qu’on ne sera pas déçu. Dix-huit minutes plus tard, on a appris quelque chose qui redonne foi en l’être humain (je ne suis sans doute pas à la seule à avoir besoin de ça de temps à autre).

Aussi, si vous assistez à de nombreuses présentations dans votre vie professionnelle, vous vous mettez à souhaiter secrètement que les présentations de Jacques du marketing ressemblent un peu plus à une conférence TED.

Dans la mesure où on n’a pas le pouvoir de changer autrui, mais juste sa petite personne, il est temps de tendre vers l’impossible quête et de faire de votre prochaine présentation un exercice qui ravira les neurones de votre public.

Pour vous y aider, Chris Anderson, le président de TED, a écrit un livre sur les meilleures méthodes utilisées dans les conférences TED.

Pour vous y aider, je l’ai lu !

Voici les idées qui ont retenu mon attention.

Virez votre ego de la scène

Tout d’abord, gardez bien en tête que ce qui compte c’est le sujet dont vous avez choisi de parler. Idéalement, vous parlerez d’une idée qui vous enthousiasme, voire vous passionne. Votre présentation n’est pas votre moment de gloire à vous, mais le moment de gloire de cette idée fantastique. Même s’il est important de soigner votre apparence afin que votre idée soit prise au sérieux, votre égo n’a rien à faire sur scène avec vous.

Donnez-leur quelque chose

Un point sur lequel Chris Anderson insiste tout le long du livre est que l’orateur est là pour donner quelque chose au public, et non l’inverse. Même si votre but ultime est de récolter des fonds pour la crèche de votre quartier, vous devez aux gens venus vous écouter une récompense. Cette récompense, c’est une idée, un projet d’avenir, une source d’inspiration.

Emmenez-les dans une direction précise

Vous devez également à vos fans d’un jour de présenter votre projet pas à pas. Ne leur lâchez pas la main à mi-parcours. Restez sur le chemin de briques jaunes. Votre discours doit avoir une direction claire. Le public doit sentir que vous savez où vous allez. Si vous passez d’un sujet à l’autre en essayant d’aborder tous les sujets qui vous tiennent à cœur, vous ne laisserez pas le temps à votre public de vous suivre et de vous comprendre.

Votre présentation ne doit comporter qu’une seule idée majeure. Chris Anderson conseille de la résumer en 15 mots maximum. Vous devez définir précisément ce que vous voulez que votre public ait compris à la fin de votre prestation.

Utilisez des mots clairs

Afin de bien présenter votre sujet, apprenez-en le plus possible sur les personnes qui seront en face de vous. Quels sont leurs intérêts ? Quelles connaissances préalables ont-elles du sujet ? Si vous comptez prendre la parole sur les perturbateurs endocriniens, partez du principe qu’un public non scientifique ne connaitra pas tous les acronymes et le jargon du métier. Ne les prenez pas pour autant pour des idiots. Trouvez le juste milieu.

Préparez ! Préparez ! Préparez !

Même si vous n’êtes pas du genre à étudier par cœur vos présentations, improviser n’est jamais une bonne idée. Don Draper (personnage charismatique de la série Mad Men pour ceux qui ne le connaissent pas) est confiant et créatif, mais il prend le temps de réfléchir à ce qu’il va présenter à ses clients potentiels. Soyez comme Don (sans l’addiction à l’alcool et la misogynie, bien sûr).

Comme l’explique Chris Anderson, que vous alliez voir un concert ou une pièce de théâtre, vous vous attendez — à juste titre — que les artistes aient répété et soient prêts à vous donner un spectacle digne de ce nom. Il est donc normal que vous en fassiez autant.

Pensez à un(e) ami(e)

Elizabeth Gilbert, interrogée par l’auteur, conseille de penser à une personne précise, et non à un public défini. Il vous sera alors beaucoup plus facile de créer un contact et de trouver les mots justes. Cet ami n’est pas un spécialiste de votre domaine, mais est quelqu’un d’intelligent, de curieux, et, c’est important, quelqu’un que vous appréciez.

Organisez une répétition générale

Chris Anderson conseille également de faire une répétition générale face à des amis (non-initiés) afin d’éviter quelques pièges courants :

– Parler trop lentement : contrairement à ce qu’on pourrait croire, on perd plus facilement l’attention de quelqu’un si on lui parle trop lentement que si on lui parle trop vite. Ne débitez pas votre discours à la vitesse du Thalys, mais n’insultez pas votre public en lui parlant comme à des enfants de maternelle qui n’ont pas fait leur sieste. Il vous est donc conseillé de parler au même débit que si vous parliez à des amis lors d’un dîner. Idem pour votre voix. Vous serez sans doute équipé d’un micro. Inutile donc de vociférer et d’articuler exagérément tel Cyrano.

– Utiliser du jargon ou des concepts sans les expliquer : le psychologue Steven Pinker (dont je vous recommande absolument tous les livres) appelle cela « la malédiction de la connaissance ». Quand on maîtrise un sujet, on part du principe que les autres personnes en savent autant que nous sur ledit sujet. Si vous êtes spécialisé dans l’astrophysique, vous risquez de perdre votre public avant même d’avoir décollé.

– Faire les cent pas sur le podium : bien sûr que vous avez le droit de vous déplacer et de bouger — vous n’êtes pas qu’une tête qui parle —, mais si vous commencez à faire des longueurs, votre public aura le mal de mer.

– Dépasser le temps qui vous est imparti : pour en avoir été victime à maintes reprises, vous savez à quel point il est désagréable qu’un orateur parle plus longtemps que prévu. Surtout si c’est pour répéter trois fois la même chose ou se faire mousser en remerciant la moitié des personnes présentes. Vous êtes assis à l’écouter depuis une bonne demi-heure. Votre estomac réclame un encas. Vous êtes fatigué et n’écoutez plus un mot.

N’infligez donc pas une telle torture à vos spectateurs innocents.

Prenez le temps d’expliquer

Prenez le temps d’expliquer les concepts en utilisant des métaphores et des exemples. Il faut que votre public puisse visualiser ce que vous lui racontez. Rien de tel qu’une belle métaphore pour ça.

Anderson cite la présentation d’Erin McKean dans laquelle elle explique que dans JavaScript il est possible d’exécuter des scripts de manière asynchrone. (Je ne sais pas vous, mais moi, là, mon cerveau bugge). Elle ajoute : « Imaginez qu’en vous habillant le matin, il vous était possible de lacer vos chaussures avant même d’avoir enfilé votre jean (ou d’enfiler votre jean avant votre slip !) ».

C’est tout de suite plus clair !

Incroyable, le pouvoir de la métaphore, non ? Elle mériterait une cape rouge (et pourrait comme Superman mettre son slip au-dessus de ses collants).

Pour étayer vos explications, vous pouvez bien sûr utiliser des visuels. Soyez vigilant, cela dit, car chaque image détourne l’attention de votre public. C’est un réflexe. Un humain qui voit normalement donnera toujours la priorité à une image plutôt qu’à un son (ici, le son de votre voix).

Établissez le contact

N’hésitez pas à raconter une anecdote pour introduire votre sujet. Les humains adorent qu’on leur raconte des histoires. Pour autant que la vôtre soit pertinente et authentique, votre public vous suivra. Montrez-vous vulnérable en racontant une histoire drôle à vos dépens — ça marche toujours.

 

Persuadez avec art

Pour avoir une chance de convaincre les personnes qui vous écoutent, utilisez la raison et la logique. Les faits convainquent ; la manipulation, pas.

Mieux encore, devenez détective et transportez votre public au début de votre « enquête ». Faites en sorte qu’il découvre les preuves avec vous et qu’il en tire donc les conclusions lui-même.

Étudiez votre présentation par cœur… ou pas

Dans les conférences TED, la plupart des orateurs décident d’apprendre par cœur leur présentation. Si vous optez pour cette approche, sachez qu’il vous faudra des heures pour atteindre un niveau de mémorisation suffisant. Si vous cherchez vos mots à chaque nouveau paragraphe ou si vous parlez sur le même ton monocorde de R2D2, deux choix s’offrent à vous :

  1. Laisser tomber l’exercice de mémorisation et décider de recourir à de petites fiches (personne ne vous en tiendra rigueur) ;
  2. Vous accrocher jusqu’à ce que vous maîtrisiez parfaitement votre discours. Vous devez être capable de le réciter en souriant tout en conduisant, cuisinant, en rangeant votre bureau, en vous tenant sur un pied. Sans hésiter, sans perdre le fil. À ce moment précis, vous saurez que vous y êtes arrivé.

Si le par cœur n’est pas pour vous, Chris Anderson vous conseille malgré tout de mémoriser la première et la dernière ligne de votre présentation.

En effet, la première phrase que vous prononcerez est comme la première ligne d’un roman ou la première scène d’un film. Si vous n’êtes pas captivant, vos spectateurs auront vite fait de dégainer leur smartphone pour consulter Facebook ou Twitter.

La dernière phrase est l’impression que vous leur laisserez. Soignez-la.

 

 

 

 

Crédits photos: Clem Onojeghuo ; Kane Reinholdtsen ; Ben White ; Lili Popper; Simson Petrol ; Tim Wright; Karina Carvalho; Patrick Perkins; Jon Tyson ;João Silas ;Anthony Intraversato ; Jake Hills et Korney Violin sur Unsplash

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