Gestion du temps : Trouver du temps quand il n’y en a pas

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Trouver du temps quand il n’y en a pas

 

 « J’ai pas le temps ! », cette phrase, nous la prononçons tous plus ou moins souvent presque sans y penser. Pas le temps de faire du sport, de lire, de terminer de peindre les murs de la salle de bain, etc. Complétez cette litanie avec les projets que vous réaliserez « plus tard ».

Sauf que « plus tard » n’est repris dans aucun calendrier.

Et si vous trouviez le moyen de dégagez du temps pour tenir ne serait-ce qu’une seule promesse ? Votre critique intérieur, avec sa voix hautaine et nasillarde, se tairait enfin.

Nous connaissons tous quelqu’un qui accomplit plus en une journée que nous en une semaine. Cet ami (ou ennemi) tant envié est pourtant un être fait de chair et de sang qui dort plusieurs heures par jour, qui travaille (à temps plein!), qui a peut-être même une famille qu’il emmène en week-end en forêt ou en stage de voile. Je suis sûre que vous voyez exactement de qui je parle.

Se comparer à autrui nuit et sabote l’estime de soi (nous en reparlerons ci-dessous). Pour autant, suivre le bon exemple peut porter ses fruits.

Quel est donc le secret de cet individu parfait ?

Fort est à parier qu’il se trouve parmi les propositions ci-dessous.

1. Laissez votre téléphone dans une armoire

 

Comme nous l’a appris Hannibal Lecter dans le Silence des Agneaux, on convoite ce que l’on a sous les yeux.

Les femmes ayant déjà suivi un régime (c’est-à-dire 99 % de la population féminine de plus de 30 ans de l’Union européenne) le savent parfaitement. Si l’on a sous les yeux ce paquet de chocolat/gommes/chips, les chances de l’ouvrir et de craquer sont multipliées par 3642.

Offline is the new luxuryCe même processus s’applique au téléphone. Quelqu’un se souvient-il du « bon vieux temps » où il était possible d’être injoignable ? C’est le nouveau luxe, lit-on sur Facebook ou Instagram. Je vous invite donc à goûter au luxe. Autorisez-vous (ou obligez-vous, selon le point de vue) à ignorer votre téléphone au moins une heure par jour pour vous consacrer à ce que vous voulez accomplir ce jour-là. Qu’il s’agisse de construire un bateau pirate avec le petit dernier ou de rédiger un compte-rendu.

2. Limitez le temps que vous passez sur les réseaux sociaux

 

Avoir mis votre téléphone hors de portée vous aidera sans doute.

Résistez à la tentation de vérifier « trois minutes » votre fil d’actualités avant de commencer à travailler.

Fixez-vous plutôt un moment (ou plusieurs) dans la journée pour vous adonner à ce plaisir coupable. De préférence, après avoir mené à bien les tâches du jour.

Pour les plus aguerris…

Si vous vous sentez fort, vous pouvez aller plus loin encore. La présentation du docteur Cal Newport que vous trouverez ici (sous-titrée uniquement en anglais, malheureusement) vous convaincra peut-être de passer à l’étape ultime dans l’affranchissement et de clôturer vos comptes sur Facebook, Twitter, et leurs acolytes.

Il y démontre qu’il est possible de se porter parfaitement bien, d’entretenir une vie sociale et une vie professionnelle riches d’échanges, de se tenir informé, d’être exposé à des idées nouvelles sans créer de compte Facebook.

Bien plus encore, il estime avoir une vie plus épanouissante parce qu’il n’est pas sur les réseaux (ou médias) sociaux.

Il explique que les médias sociaux ne sont pas une évolution technologique essentielle, mais simplement un outil de divertissement: Libre à chacun de se divertir autrement.

Quand vous ne payez pas le service, c’est que vous êtes le produit.

De plus, insiste-t-il, derrière les interfaces des réseaux sociaux travaillent des ingénieurs qui reprennent les principes des jeux de hasard afin de rendre leur produit le plus addictif possible dans le but d’accaparer la plus grande part de votre temps possible. Quand vous ne payez pas le service, c’est que vous êtes le produit.

Il réfute également l’argument selon lequel une présence sur les réseaux sociaux serait primordiale pour exister dans l’économie moderne. Ses recherches, expliquées dans un livre, l’ont mené à établir que la compétence la plus convoitée dans le marché actuel est de produire quelque chose de rare et précieux. Être capable de manier habilement les médias sociaux n’a rien de rare ou de précieux. Comme il le précise, n’importe quel adolescent de 16 ans doté d’un smartphone peut le faire. Si, par contre, vous êtes capable de fournir un travail unique et de qualité, vous serez engagé, quel que soit le nombre de « followers » que vous avez sur Twitter ou Instagram.

Surtout, il brise l’illusion que passer du temps sur ces plateformes est sans danger, sans conséquence. On sait que ces outils sont conçus pour capter et ainsi fragmenter notre attention. Or des recherches ont indiqué que si vous passez des heures dans cet état d’attention « fragmentée », votre capacité de concentration sera affectée. Les médias sociaux vous rendront ainsi moins performant dans le monde du travail.

Par ailleurs, il évoque les recherches démontrant que l’utilisation des réseaux sociaux nuit à notre santé mentale. Plus on utilise les réseaux sociaux, plus on se sent seul, isolé, ou médiocre. Il est en effet douloureux de vous rendre compte, par exemple, que tous vos amis ont fait deux fois le tour de la planète alors que vous n’avez pas encore foulé le sol de New York ou Madrid.

Pour attester des bienfaits de la vie sans les réseaux sociaux, Newport précise qu’il est professeur d’université et a publié cinq livres, tout ça en travaillant rarement après 17 heures en semaine. Il explique cela par sa capacité à concentrer toute son attention sur la tâche en cours, sans être tiraillé par le besoin de vérifier ses notifications.

Pour le commun des mortels…

En tant que blogueuse débutante, je ne peux me résoudre à clôturer ces comptes, mais son argumentaire donne matière à réflexion et me rend consciente de ce que je consens à perdre pour chaque minute que je passe sur ces plateformes.

La solution intermédiaire serait peut-être de désinstaller ces applications de mon téléphone portable pour qu’au moins elles ne soient pas à portée de main à chaque instant.

3. Se débarrasser de son téléviseur et rayer YouTube de sa vie

 

Combien de temps passez-vous affalé devant votre écran de téléviseur ou d’ordinateur à regarder des programmes ou des vidéos qui ne vous apprennent rien et ne vous divertissent pas vraiment ?

Faites le compte. Deux heures par jour ? Trois ? À l’échelle d’une semaine, le calcul fait mal.

Si vous êtes accro aux séries télévisées et que vous voulez vraiment savoir combien de temps vous avez passé à regarder vos préférées, visitez http://tiii.me/. Indiquez le nom de la série et, selon le nombre de saisons, le site vous dira combien de temps vous y avez consacré. Vous pouvez naturellement additionner plusieurs séries.

J’ai ainsi découvert que j’avais passé 3 jours, 4 heures et 16 minutes à regarder How I Met Your Mother. Et c’est sans compter les épisodes que j’ai vus plusieurs fois. En l’occurrence, je ne regrette rien : j’ai beaucoup ri et pratiqué mon anglais. Je ne peux pas en dire autant pour toutes les émissions devant lesquelles j’ai perdu des heures.

Quel est le bilan de votre côté ? Ah, oui. Rien qu’Esprits Criminels, ça en fait des jours (et des nuits).

Vous pourriez pratiquement tenir un emploi à mi-temps, reprendre vos études, devenir un virtuose du violon ou le roi de l’apiculture si vous accordiez ce temps à votre passion du moment.

Si vous avez besoin d’un bruit de fond dans la maison, allumez plutôt la radio. La télévision exerce un pouvoir hypnotique qui vous aspire. Son pouvoir d’attraction est semblable à une glu qui vous cloue dans votre fauteuil et vous ôte toute envie de faire autre chose.

Sceptique ? Parlez-moi de la dernière fois qu’après avoir regardé trois programmes « de l’après-midi » d’affilée, vous vous êtes senti revigoré et prêt à relever le prochain défi de votre vie?

C’est bien ce qu’il me semblait.

Organiser un marathon « Game of Thrones » en pyjama, en pull de Noël moche, voire en cotte de mailles et cuirasses, peut être exactement ce dont vous avez besoin après une longue semaine. Dans ce cas, faites-vous plaisir. Mais comme pour le vin ou le chocolat, c’est à consommer avec modération.

Faites le test : lors de votre prochaine journée à la maison, n’allumez pas la télé. Et ne surfez pas sur YouTube. Du tout.

4. Faire une seule chose à la fois

 

Nous avons déjà discuté ici de l’incapacité du cerveau humain à faire plusieurs choses à la fois. Je devrais vous conseiller dès lors de ne pas essayer de faire plusieurs choses à la fois.

Les va-et-vient d’une activité à une autre ne font que vous épuiser. Faites donc une seule chose jusqu’au bout, puis passez à la suivante.

Si l’on concentre toute son attention sur une seule chose à la fois, on peut accomplir beaucoup en un minimum de temps.

Établissez une liste de priorités et surlignez-les au fur et à mesure. (J’ai bien écrit « surlignez-les » : il est bien plus valorisant de mettre en avant les choses accomplies que de les rayer et les rendre instantanément insignifiantes.)

Essayez pendant un jour ou deux, vous serez agréablement surpris.

Rien d’extraordinaire dans tout cela, me direz-vous. Comme souvent, les grands secrets de la réussite n’en sont pas vraiment. Il s’agit juste de faire preuve de bon sens.

Plutôt que de lire encore deux ou trois articles sur ce joli blog, éteignez votre ordinateur ou téléphone (c’est dur, je sais !) et commencez par dresser votre liste de futures victoires.

À vos marques. Prêts? Éteignez!

Magali

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