Bougez-vous pour votre cerveau

Bougez-vous pour votre cerveau 

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Vous devez rester concentré sur des chiffres des heures durant ? Vous êtes chargé de trouver une idée originale ? Vous avez pour objectif de passer une certification CISCO ? Vous apprenez une nouvelle langue (excellente idée, soit dit en passant !) ?

Bougez-vous. Littéralement.

Vous savez comme moi que bouger est bon pour la santé (notamment pour le système cardio-vasculaire), mais vous ignorez peut-être que l’exercice physique améliore le fonctionnement du cerveau.

Rien que ça.

Souvenez-vous de vos cours d’histoire (ou du documentaire d’Arte diffusé le mois dernier): nos ancêtres étaient des nomades qui parcouraient entre dix et 20 kilomètres par jour. C’est à cette époque que notre cerveau s’est développé. Et il se développe toujours de la même manière aujourd’hui.

D’après le professeur John Ratey, notre cerveau adore le sport (et pas uniquement le sport cérébral). Pendant que nous bougeons, nos vaisseaux sanguins sont stimulés, notre corps en fabrique d’autres, ce qui permet à l’organisme de mieux distribuer les nutriments, de mieux éliminer les déchets. C’est vrai pour tout notre corps, et — scoop ! – notre cerveau fait partie de notre corps. On a tendance à l’oublier.

On a tendance à oublier également que chaque nouvelle chose que nous apprenons (les paroles d’une chanson, un raccourci clavier, une astuce pour réussir la mayonnaise) modifie notre cerveau. Pour chaque nouvelle information, des connexions se créent, des neurones sont fabriqués. C’est un processus physique.

L’exercice agit donc au niveau de notre cerveau en facilitant l’apport des nutriments (pour le cerveau, c’est le glucose, beaucoup de glucose).

Ce n’est pas tout.

L’exercice stimule également la production d’une protéine (BDNF – Brain-Derived Neurotrophic Factor) qui garde nos neurones en pleine forme et les rend plus enclins à communiquer entre eux et favorise la neurogénèse (la création de nouveaux neurones).

Dans une école de Chicago (Naperville Central High School), des professeurs d’éducation physique d’avant garde ont poussé les élèves à faire plus d’exercice et des jeux en petits groupes (pour que tout le monde soit actif tout le temps). Depuis une vingtaine d’années maintenant, la première heure de la journée est dédiée au cours de gymnastique. Les effets sur les élèves sont épatants. Tout d’abord, la proportion d’élèves en état d’obésité est nulle – fait rare dans nos sociétés. De plus, lorsque les élèves ont participé au test international TIMSS en 1999, l’école était en première position en sciences et en sixième position en maths.

Ces bienfaits sont visibles aussi bien chez les enfants que chez les adultes qui pratiquent une activité physique régulière. Cela dit, les effets ne durent que si l’activité physique est poursuivie. Si nous arrêtons de bouger, les bienfaits au niveau de notre cerveau se dissipent rapidement.

Il n’est jamais trop tard pour commencer donc inutile d’invoquer votre âge. Être un cadre supérieur débordé ne constitue pas une excuse valable non plus.

En parlant de cadres supérieurs justement, et afin d’améliorer la productivité dans les entreprises, le professeur John Medina (dont je vous ai déjà parlé) conseille d’installer des tapis de course et d’instaurer des pauses « exercice ».

Les entreprises y gagneraient sur plusieurs fronts :

  • des salariés plus actifs tombent moins souvent malades ;
  • ils ont moins tendance à souffrir d’un état dépressif ;
  • et ils sont plus aptes à résoudre des problèmes.

Sans compter le fait de contribuer à la diminution du risque d’AVC ou d’Alzheimer.

Bouger davantage ne peut être que bénéfique pour nous tous (individuellement et à l’échelle de la société). Les bienfaits d’un tel changement se feraient sentir à plusieurs niveaux: on constaterait sans doute des meilleurs résultats scolaires des élèves, des meilleures performances des employés de bureau, ainsi qu’une meilleure santé mentale et physique des seniors.

C’est plutôt tentant, vous ne trouvez pas? Et c’est dans notre nature à tous.

Selon John Ratey, il est central que nous nous rendions compte que la seule et unique raison pour laquelle nous avons un cerveau est de pouvoir nous mouvoir. Nous sommes des animaux dont la fonction et le destin sont de bouger. Sans mouvement, on ne peut interagir avec le monde ou le changer. Pas de mouvements; pas besoin d’avoir un cerveau.

Vous l’avez compris, rester au bureau une demi-heure de plus frustré devant un problème plutôt que d’aller courir avec votre chien est un très mauvais calcul.

Sur ce, je vous laisse : mon toutou m’attend.

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